Yves D’Anglefort se demande parfois avec raison pourquoi il est étiqueté « artiste brut ». Sans doute d’abord parce c’est un marchand d’art brut qui a commencé à s’intéresser à son œuvre et favorisé son entrée dans la Collection de l’Art Brut à Lausanne. Pour le dire d’emblée avec les mots de l’auteur : « Pendant cinquante-neuf ans, on m’a dit que j’étais un crétin. C’est Mermod, le premier qui m’a dit que c’était intéressant. » Mais « art brut » aussi et surtout parce cette œuvre polymorphe et généreuse prend sa source dans une jubilation à expérimenter divers matériaux pas toujours « artistiques », parce qu’elle raconte des histoires sans se priver d’une critique de l’histoire et invente avec une grande fantaisie un univers personnel et autonome, une manière singulière qui est la véritable marque de l’art (tout court).
… extrait du texte de Céline Delavaux, « Yves D’Anglefort : fantaisies politiques ».