Yves D’Anglefort : fantaisies politiques

 

Yves D’Anglefort se demande parfois avec raison pourquoi il est étiqueté « artiste brut ». Sans doute d’abord parce c’est un marchand d’art brut qui a commencé à s’intéresser à son œuvre et favorisé son entrée dans la Collection de l’Art Brut à Lausanne. Pour le dire d’emblée avec les mots de l’auteur : « Pendant cinquante-neuf ans, on m’a dit que j’étais un crétin. C’est Mermoz, le premier qui m’a dit que c’était intéressant. » Mais « art brut » aussi et surtout parce cette œuvre polymorphe et généreuse prend sa source dans une jubilation à expérimenter divers matériaux pas toujours artistiques, parce qu’elle raconte des histoires sans se priver d’une critique de l’histoire et invente avec une grande fantaisie un univers personnel et autonome, une manière singulière qui est la véritable marque de l’art (tout court).

 

« Brut » à souhait

Conservée dans un musée d’art brut, présente dans les collections d’amateurs d’art brut, l’œuvre d’Yves D’Anglefort se trouve en effet catégorisée dans le champ de l’art brut. Pour extrapoler à partir de la théorie de Marcel Duchamp, on pourrait dire que le contexte fait non seulement l’œuvre mais qu’elle la qualifie ! Cet estampillage péremptoire a tout de même pour avantage de rendre visible une production longtemps restée dans l’ombre. Mais pour corroborer cette catégorisation, les quelques brefs textes qui lui sont consacrés et qui se répètent les uns les autres dépeignent l’artiste en fonction de critères caricaturalement « bruts » : né sous X, perd tout jeune son père adoptif, victime de violences, enfance chaotique, pas de formation particulière, petits boulots, deux divorces (c’est plus commun que « brut », mais ça sous-entend rupture et douleur…), trois années d’errance aux États-Unis, bref séjour en prison de retour en France, dessine en cachette en Guadeloupe, diagnostiqué « personnalité bipolaire, asociale et perturbée ». Tous les ingrédients sont bien là pour obtenir une biographie « brute » à souhait. Tandis qu’un foisonnement gaiement coloré, un fourmillement de petits personnages et de sympathiques créatures, des bribes d’écrits pleins d’humour et d’ironie s’agitent dans l’œuvre plastique.

Je ne connais pas Yves D’Anglefort, mais je l’ai attentivement écouté dans un entretien avec Éric Gauthier*, devenu depuis lors l’un de ses galeristes. Entendre D’Anglefort parler de ses œuvres suscite une sensation qui est à mille lieux de tout pathétisme : on a affaire à un bavard plein de prévenance*, un curieux féru d’anecdotes historiques, et on se marre avec lui quand il regarde l’un de ses dessins en disant que « ça le fait marrer » ! C’est par cet humour omniprésent, cette volonté de (se) faire plaisir qui irriguent l’œuvre entière que l’on pourrait d’abord appréhender l’artiste avec toute la part de sensibilité, de recul critique et de modestie, de fragilité que cet état d’esprit implique.

Lorsqu’Yves D’Anglefort évoque son séjour aux États-Unis, on apprend qu’il dessinait déjà à l’époque et qu’il a détruit cette production. Pendant la période où il vivait à Los Angeles, le premier Stars Warsest sorti : « Tout le monde se baladait avec une épée en plastique vert fluo ! » et il ajoute « The Force will be with you, always »… L’image qu’il provoque là ressemble à l’esprit de ses dessins, sans oublier le petit commentaire plein de dérision et de tempérament qui l’accompagne…

En 2003, alors qu’il est de retour en France, il passera effectivement un mois en détention provisoire, mais ce qui  est intéressant c’est ce qui l’y a mené : la réalisation d’un faux Picasso, et avec succès puisqu’il l’a bel et bien vendu pour tel. Décidément, le dessin « insistait » par tous les moyens. Yves D’Anglefort avait alors 39 ans.

De fait, il semble qu’il ait toujours voulu être artiste, mais ce désir n’avait pas été encouragé par son entourage familial. Il n’est pas anodin qu’il ait choisi de changer de nom de famille en prenant le pseudonyme « D’Anglefort », inspiré par le patronyme d’une arrière-grand-mère inscrit sur une pierre tombale. Rétrospectivement, il déclare : « Mais j’ai fait une grosse connerie, car il y a une particule et ça fait prétentieux. C’est pour ça que j’ai mis un D majuscule, parce que ça n’est pas nobiliaire. » Le choix d’un nouveau nom est avant tout le signe d’une volonté (plus ou moins consciente) de se réinventer, en l’occurrence en tant qu’artiste. Àce propos, il rapporte une parole de son grand-père** : « Un artiste, c’est pas un mec qui a les cheveux violets et des chaussures vertes. C’est un mec qui fait une œuvre. » D’Anglefort est d’accord avec cette assertion et il est devenu artiste en connaissance de cause (ce qui en passant ne correspond pas à une définition rigide de l’artiste brut qui ferait de l’art sans le savoir…). Là encore, il considère avec distance et humour ce statut qu’il trouve douloureux à endosser (il n’est pas le seul !). On trouve dans de nombreux dessins un cartouche avec ce type d’inscriptions : « […] un dessin de moi seulement Yves D’Anglefort fecit artiste admiratif seul[…] » à la manière des maîtres de la Renaissance – époque où la signature commence à s’imposer et signale la construction d’une identité artistique individuelle. D’Anglefort, mine de rien et sur le mode de la boutade, se réinvente bel et bien par le biais de son œuvre. C’est là toute la force magique de l’art, non ? « The Force will be with you, always. »

Dans cette signature, D’Anglefort semble glisser tout ce qu’il est, comme dans un autoportrait miniature : on y lit son rapport passionné et cultivé à l’histoire, sa volonté de s’affirmer comme artiste créant une œuvre originale, qu’il a faite (« fecit ») « seul », mais aussi une part d’angoisse dans l’affirmation d’une solitude… Parlant de l’un des personnages qu’il a dessiné, D’Anglefort commente : « Lui, il a des épées dans la tête, il n’est pas bien… ça m’arrive quelquefois… » Au-delà de sa poésie, la formule est bien plus parlante que n’importe quelle expression consacrée par le lexique de la psychiatrie ou de la psychologie !

 

« Des feutres à l’encre de Chine… ça m’enchante ! »

Àpropos de solitude précisément, l’artiste Jean Dubuffet, inventeur de l’art brut, écrivait : « La création d’art, pour avoir son plein intérêt, nécessite une concentration et une solitude qui ne sont guère compatibles avec la vie sociale de nos artistes professionnels. C’est quand un homme est seul, qu’il s’ennuie fort, qu’il ne peut compter sur aucune espèce de distractions ni de joies venant de l’extérieur, d’aucune espèce de fêtes, que les conditions sont le mieux remplies pour que naisse en lui un besoin de se fabriquer par ses propres moyens, lui-même tout seul et à son propre usage, un théâtre de fêtes et d’enchantements.*** » Ce lien entre la solitude et l’enchantement me fait immédiatement penser à Yves D’Anglefort… On se dit que Dubuffet aurait sans doute reconnu chez lui ce qu’il admirait chez les artistes dits « bruts », cette capacité à « se faire des fêtes à leur propre usage ». D’ailleurs, àplusieurs reprises, en montrant ses dessins, D’Anglefort commente : « Celui-là, je l’aime bien… » et ajoute en riant : « Je suis le seul ! » Et lorsque Dubuffet, réfléchissant à sa propre pratique plastique, affirmait que « l’art naît du matériau », on pense encore au travail de D’Anglefort qui entretient un lien que l’on peut dire affectif aux matériaux artistiques. Tout serait lié finalement : la solitude, comme moteur de l’expérimentation, qui va faire surgir l’invention dans l’œuvre et susciter l’enchantement de l’artiste…

Montrant l’un de ses dessins à Éric Gauthier, Yves D’Anglefort raconte : « J’ai utilisé des feutres Faber et Castell, des nouveaux feutres à l’encre de Chine… Faber et Castell, ils sont très sérieux, alors je me suis dit que j’allais essayer. Dans l’intitulé, je marqueraiencre de Chineˮ… ça m’enchante. » Ainsi, le matériau « enchanteur » est tellement important dans la création qu’il viendra s’inscrire au sein même de la signature – preuve que c’est bien par lui que la réinvention de soi advient, en partie du moins.

Si D’Anglefort a une prédilection pour le dessin, il n’hésite pas à s’aventurer dans d’autres expérimentations plastiques tous azimuts. Mais en ce qui concerne le dessin, il a adopté une méthode relativement récurrente, les contours d’abord, le coloriage (au crayon de couleur ou au feutre) ensuite. Ces deux étapes peuvent être très éloignées l’une de l’autre : certaines œuvres lui prennent plusieurs années, d’autres restent inachevées sans être abandonnées pour autant. Il aime bien dessiner au jardin des Plantes quand il séjourne à Grenoble par exemple, ou alors dans le train tout en précisant, toujours avec autodérision, qu’il ne prend le train que trois fois par an, ce qui ne ferait pas beaucoup de dessins ! La phase de coloriage semble plus ardue et s’effectue plutôt chez lui : « Celui-là, je ne te raconte pas la difficulté que j’ai eu à le colorier. »

D’Anglefort a une manière affective de parler du format : il montre un travail réalisé à partir d’une photocopie d’un dessin qu’il a agrandi puis qu’il a découpé pour obtenir « son format, 31 x 42 cm ». Il s’est donc approprié un format dans lequel il est à l’aise, mais cela ne l’empêche pas de faire varier les supports : un morceau de carton plume, « sur lequel il y avait sans doute une tache, ça m’a inspiré » ; un emploi du temps, sur lequel il a dessiné mais que l’on devine encore en palimpseste ; des cartes découpées dans un vieux plan de Madrid ou encore « plein de choses des Galeries Lafayette que j’ai collées et j’ai dessiné dessus – j’adore ! ». Le collage est tout à fait adéquat à l’esprit alerte de D’Anglefort qui fonctionne beaucoup par association d’idées, en élaborant ses compositions comme on fait un jeu de mots. Collages d’illustrations découpées dans des magazines ou de ses propres dessins qui vont venir s’insérer dans d’autres.

Il aime aussi mélanger les techniques : « Là, c’est tout et n’importe quoi ! » Une partie dessinée, de l’aquarelle et des collages… Il fait des tentatives qu’il estime « pas forcément réussies », tels des dessins noir et blanc à l’acrylique et à l’encre de Chine. Il envisage aussi de s’initier à la peinture à l’huile : « J’ai envie de peindre à l’huile. Je pense que je vais faire des trucs pas terribles qui plairont à personne mais j’ai envie de le faire. »

Et là : « C’est tout et n’importe quoi. Les gens m’apportaient un ticket de métro de Paris, une étiquette de jean, ou un truc comme ça, j’ajoutais des petits bonshommes, tout ce qui me passait par la tête, des trucs rigolos, des trucs tristes. J’ai inventé de l’écriture, tout ce qui me passait par l’esprit, comme lorsque j’ai écrit sur le mur et que j’ai inventé Burger Queen, parce qu’on arrive à un moment de l’histoire du monde où les femmes vont prendre le pouvoir et, à mon avis, ce sera mieux… »

Il se passe toujours beaucoup de choses dans une œuvre de D’Anglefort et ses dessins fourmillent de petites histoires sans se priver de commenter l’histoire, celle dont le poids nous force à nous en raconter d’autres, plus légères. Voire même à aller taguer les murs de la ville pour relier notre histoire à celle des autres, réinscrire notre petit récit dans la grande épopée…

 

Saviez-vous que « la Vierge n’aimait pas être enceinte » ?

Au fil de son œuvre, Yves D’Anglefort déroule un univers de fantaisie, lié à la puissance de son imaginaire et indifférent à tout modèle réaliste, un univers autonome car chargé de ses propres préoccupations, mais qui reste très attentif au monde réel, passé et présent.

Quand D’Anglefort se penche sur l’un de ses dessins pour le commenter, immanquablement il raconte une histoire, souvent très réjouissante. On pourrait dire de son œuvre qu’elle est « bavarde », littéralement, mais les histoires dont elle regorge ne sont pas toujours anodines, parfois complexes, et D’Anglefort lui-même n’en livre pas toujours la clé. « Il y a des trucs que je sais et que j’ai bien envie de dire. Il y en a d’autres que je n’ai pas envie de dire. Mais il y en a plein que je ne sais pas ! » Un artiste ne détient pas la vérité sur son œuvre et c’est précisément ce qui en fait une œuvre d’art – un objet qui se définit aussi grâce au regard de l’autre et à l’ensemble des commentaires qu’il suscite. Mais D’Anglefort n’hésite pas à donner des pistes.

Tout d’abord, ces histoires sont portées par une foule de créatures sorties de l’imaginaire de l’artiste (un « homard vert », un « berger pour fourmis », un « cochon céleste », une « énorme souris de guerre », des « souris à tête de cœur », une poule et un canard bicéphales, sans oublier plein de petits bonshommes et bonnes femmes, parfois très librement inspirés de personnages réels), des situations délirantes, telle une « course PMU mais avec des animaux fantastiques », des machines improbables comme l’« espèce de véhicule spatial médiéval »… D’Anglefort plante ainsi le décor de son univers et y installe ses personnages. La créature en question peut occuper tout l’espace de la page et devient un univers à elle seule autour duquel le reste de la composition (et du monde) s’organise – d’ailleurs de nombreux dessins prennent des allures de cartographie… Souvent, à la manière de la bande dessinée, les petits spécimens se voient confier des commentaires (qui pourraient être ceux de l’artiste) ou dialoguent entre eux au point que les dessins de D’Anglefort semblent émettre une sorte de bruissement de conversations.

Dans cet espace singulier, il met en scène ses objets favoris et ses héros, historiques ou mondains. Ainsi, il décrit : « C’est une grosse locomotive, je suis fan des locomotives américaines qu’on appelle les big boys, c’est des locomotives qui ont deux fois des essieux, ils les avaient fabriquées pour conduire des trains qui faisaient six ou sept kilomètres pour ramener du charbon jusqu’aux usines. Labig boy, c’était un monstre de locomotive… » Cette énorme locomotive est recouverte de ravissants petits rivets qui rendent cette grosse bête assez touchante : « L’idée m’est venue un jour, alors que je faisais la locomotive d’Inès de la Fressange qui, dans mon imaginaire, était l’amour de Karl Lagerfeld… Ils avaient même fait des bébés. Exploit ! Ça me faisait rire. Cette œuvre est partie dans la Collection de l’Art Brut… » Car D’Anglefort a quelques héros auxquels il est fidèle, Karl Lagerfeld – « J’adore Chanel, j’adore Lagerfeld, il m’éclate, il a du génie » – ou encore Manfred von Richthofen : « Là, j’avais fait un ange, c’est Manfred von Richthofen, le Baron rouge, j’adore ce type, pendant la guerre de 1914, il était tellement bon pilote qu’il avait peint son avion en rouge, pour dire aux Français : Ramenez pas votre fraise ou je vais vous flinguer !ˮComme ça les Français pouvaient partir quand ils le voyaient… Je trouve ça tellement chevaleresque. Alors j’avais fait un ange avec la croix de la guerre de 1914, qui n’a rien à voir avec l’Allemagne nazie… » Oui, au-delà des héros, D’Anglefort s’intéresse beaucoup à l’histoire : « Quand tu comprends l’histoire, tu comprends pourquoi les gens agissent de telle ou telle façon… Les pays qui ont subi la colonisation française par exemple… tu comprends plein de réactions. » Certains dessins parlent de la guerre d’Algérie, d’autres de l’esclavage, un sujet sur lequel il s’est sérieusement penché parce que son fils Nelson est noir. Autre thématique de prédilection, intimement liée à son parcours personnel, la religion : « Là, c’est une maman qui amène à la messe un enfant qui ne veut pas y aller. C’est moi quand j’étais enfant, je ne voulais pas aller à la messe. Ça me saoulait, la messe. Mais on m’obligeait. » Ce qui produit aujourd’hui de savoureuses scènes bibliques revisitées : « C’est l’ange Gabriel qui vient dire à la sainte Vierge qu’elle va avoir un autre bébé. Elle, ça la gonfle, parce qu’elle n’aime pas être enceinte. Tu parles anglais ? J’ai mis : “She’s pissed off.ˮElle ne veut pas être enceinte. Ça, c’est l’avion du Vatican qui vient bombarder. Je me suis amusé à faire des perspectives, et puis je fais des contreforts pour tenir, parce que j’aime bien l’architecture, j’aime bien l’art roman, et puis après j’ai fait un restaurant, une banque, une banque pour donner aux pauvres… » Dans un autre dessin, la Vierge est accompagnée de son enfant, mais D’Anglefort remarque que pour une fois il n’est pas dans ses bras – on se doute bien qu’il prend toute liberté avec les conventions picturales de représentation d’une « Vierge à l’Enfant »… Et puis, celle-ci est protégée par les « anges du FBI », donc elle doit être vraiment extraordinaire…

 

Voilà un aperçu de l’univers d’Yves D’Anglefort. C’est frustrant quand ça s’arrête, on a envie qu’il nous raconte une autre histoire, vraie ou imaginaire, ou les deux à la fois puisqu’il sait si bien tisser les deux mondes ensemble. On aurait pu rapporter aussi qu’il est fan de François Pinault parce qu’il lui trouve « un côté paysan », qu’il juge Proust « rafraîchissant » et rappelle que « Rimbaud a écrit Merde à Dieuˮsur les murs de Charleville-Mézières »… Sans oublier de se demander : « Est-ce qu’on aurait aimé Rimbaud à l’époque ? Est-ce qu’on aurait été gaga de Proust ? »

Que la Force soit avec D’Anglefort.

 

Céline Delavaux, septembre 2020

* Toutes les citations d’Yves D’Anglefort sont issues d’un entretien réalisé par Éric Gauthier le 25 juillet 2020. Dans cet entretien, Yves D’Anglefort s’adresse tout autant à Violette, la fille d’Éric Gauthier, qui était présente ce jour-là. Et quand l’artiste parle de Proust par exemple, c’est par égards pour Violette dont il sait qu’elle est en train de lire Àla Recherche du temps perdu.

** Après relecture de ce texte par Yves D’Anglefort, il ne s’agit pas d’une parole du grand-père mais d’Antoine de Galbert : « De Galbert ! Pas mon grand-père, je n’en ai jamais eu ! » Même si Antoine de Galbert est bien trop jeune pour être le grand-père d’Yves D’Anglefort, il reste que sa parole de mécène et de collectionneur d’art brut a valeur d’autorité tutélaire pour l’artiste, c’est pourquoi j’assume cette coquille qui, finalement, continue de faire sens et fera sourire quelques lecteurs.

*** Jean Dubuffet, « Honneur aux valeurs sauvages », 1951.